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L’entreprise simplifiée

Négligeons les fonctions non essentielles à la survie. C’est davantage de la raison d’être de l'entreprise qu'il est question ici, de ses fondements, de son cœur de pensées, de ses motivations à agir, de sa vitalité ; de sa stratégie qui, observée à partir d'un tracé épuré, ne saurait se construire sans la toile de fond, je dirais de « fond diffus » de la pensée créative. D’où l’importance de sentir d’où viennent les idées et d'identifier au mieux par quels processus elles émergent. Se laissent-elles surprendre ou nous surprennent-elles ?

La pertinence d’une idée se mesure-t-elle à son pouvoir de convaincre, à sa capacité à générer coûte que coûte de la nouveauté ou à plus simplement à l’étonnement qu'elle provoque ? A l'aide de quelle échelle de valeurs les idées s’apprécient-elles ?   

Dans son ouvrage « Graines et semailles » Alexandre Grothendieck nous dit « qu’exprimer une idée c’est souvent une chose presque aussi délicate que sa conception… c’est un travail qui consiste à dégager patiemment l’idée, jour après jour, des voiles de brumes qui l’entourent à sa naissance, pour arriver peu à peu à lui donner une forme tangible, en un tableau qui s’enrichit, s’affermit et s’affine au fil des semaines, des mois, des années ».

Les innovations pourraient-elles naître et s’imposer sans la contribution des idées ? Va-t-on vers une expansion de l’Univers des innovations, vers une démultiplication à l’infini des pistes créatives ou vers la répétition aléatoire de schémas de pensées enrichies ou non des expériences vécues, dans un espace clos, celui délimité par la performance de nos cerveaux ?    

L’état d’immédiateté auquel nos échanges sont soumis génère une sorte de dévalorisation des idées. Il y a un glissement sémantique du terme savoir. Savoir se réduit à « savoir retrouver rapidement ce dont on aura besoin ». De la même façon, l’on attend d’une idée qu’elle soit rentabilisée sans délai.

Or la valeur d’une entreprise se mesure aussi et surtout à sa capacité à savoir, à gérer ses connaissances et à faire savoir qu’elle sait. Et sans l'émergence des idées, la connaissance serait privée de ses sources.

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